Numérique : faîtes bonne impression _ Newsletter n°6 Coalition Numérique responsable

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Les impressions en France représentent chaque année plusieurs milliards d'euros de dépenses, plusieurs milliers de tonnes de papier et autant d'impacts sur l'environnement comme la déforestation ou les pollutions liées à la production et au transport. Même si ça n'est pas toujours la solution, le numérique peut vous aider à être plus sobre ! Voyons comment.


Chiffres & faits clés

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Les français consomment 3 fois plus de papier et de carton que la moyenne mondiale (Copacel 2019)

25 %

25 % des documents sont jetés 5 minutes après leur impression et 16 % des impressions ne sont jamais lues. (ADEME 2020)

400 M€ chaque année

Les impressions oubliées sur l’imprimante ou jetées sans être lues représentent 400 M€ chaque année. (ADEME 2020)

78 %

78% des papiers graphiques consommés en France sont issus de l’importation. (PAP50 2010) "Sans garanties, [ces papiers peuvent] avoir des impacts négatifs sur l’environnement tels que la pression sur les forêts, l’émission de pollutions chimiques et atmosphériques ainsi que la production de grandes quantités de déchets non valorisés." (WWF 2011)

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Il faut dix fois plus d'énergie pour fabriquer une feuille A4 que pour l'imprimer (ADEME 2020)

 

Les bons réflexes

Tout d'abord...

  • Mettre en place une “politique papier” sur l'ensemble de vos sites fixant des engagements clairs et précis : objectif de réduction ou objectif zéro papier, utilisation de papier recyclé et/ou labellisé... Vous pouvez vous évaluer selon le référentiel du Baromètre PAP50.
  • Être transparent sur vos consommations et votre progression.
  • Sensibiliser et impliquer les collaborateurs sur ces enjeux.
  • Imprimer uniquement si c'est nécessaire.
  • Travailler le format des documents pour limiter les besoins d’impressions : concentrer, par exemple, les informations indispensables sur la première page d’un long contrat ou d’une facture

Organiser le parc d'imprimantes et la collecte de papier

  • Comme toujours, limiter le nombre d'appareils (imprimantes, scanners, copieurs, traceurs), allonger les durées de vie et mutualiser (appareils multifonctions et partagés plutôt qu'individuels).
  • Éteindre les imprimantes lorsqu'elles ne sont pas utilisées.
  • Mettre en place un circuit de recyclage du papier et du toner. Pour rappel, la collecte et le tri des déchets sont obligatoires dans les moyennes et les grandes organisations et recommandés dans les petites. Consulter les détails du tri 5 flux pour en savoir plus.

Quand vous imprimez (ou faîtes imprimer)

  • Utiliser des encres et du papier 100% recyclé ou labellisé : idéalement FSC ou Ange Bleu mais aussi Écolabel Européen, Écolabel Nordique, NF Environnement ou TCO. Pour en savoir plus, consulter le guide "Bien choisir son papier graphique au bureau" du WWF ou le guide Labels Environnementaux de l'ADEME.
  • Paramétrer l’imprimante pour être économe en encre et en papier par défaut : noir et blanc, qualité brouillon, recto verso, 2 pages par feuille...
  • Éviter les aplats de couleur, très gourmands en encre.
  • Utiliser comme brouillon le papier imprimé sur une seule face.

Pour en savoir plus, consulter les fiches "La face cachée du numérique" et "Éco-responsable au bureau" de l'ADEME ainsi que le Baromètre PAP50 du WWF et Riposte Verte.

 

Penser le numérique durable : le futur dématérialisé ?

 

Comme on l'a vu dans les précédents numéros de cette newsletter, la numérisation des documents et des services ne signifie pas dématérialisation. On peut donc se poser la question : la transition vers un monde avec plus de numérique va-t-elle nécessairement de pair avec la transition vers un monde durable ?

Les rapports de COPACEL indiquent par exemple que le développement du numérique ne s’est pas accompagné d’une diminution significative de la consommation de papier, paradoxalement. De la même manière que les énergies s'additionnent au lieu de se remplacer, comme le remarquent François Jarrige et Alexis Vrignon, l'arrivée du numérique a plus été un empilement qu'une transition.

En outre, il peut être préférable d'imprimer certains documents dont la lecture à l'écran est chronophage. De la même manière, une liseuse a souvent un impact environnemental plus important que les livres qu'elle remplace, selon le nombre d'ouvrages lus, le papier utilisé, etc.

En plus des impacts environnementaux, il convient de garder à l'esprit que le numérique crée une fracture entre territoires, classes d'âges et classes sociales. Difficultés financières pour acquérir un ordinateur ou un smartphone, manque de connaissances, accès limité ou inexistant à Internet, les causes ne manquent pas pour être victime de ce qui est parfois appelé illectronisme ou e-exclusion. On ne peut donc pas "dématérialiser" intégralement au risque de créer ou d'accroître des inégalités.

Pour aller vers un monde où l'humain et les écosystèmes qui l'entourent vivent paisiblement, le numérique peut indéniablement nous aider mais il doit rester un moyen et non un but.

 

Témoignage de Marie Lacaille, coordinatrice impression à la Métropole Rouen Normandie

Marie travaille depuis plus de 10 ans en tant que coordinatrice impression numérique & politique d’impression au sein de la CREA puis de la Métropole Rouen Normandie. Suite à un audit du parc d'impression réalisé en 2012, de nombreuses mesures ont été mises en œuvre

Quelles actions ont été mises en place pour diminuer l'impact des impressions à la Métropole ?

Vu leur nombre, il a été décidé très tôt de supprimer totalement les imprimantes individuelles, sauf cas spécifiques, pour passer sur des appareils mutualisés, moins nombreux. Cela a été beaucoup facilité par une opération spéciale permettant aux agents de rendre volontairement leur imprimante en échange d'une plante verte !

Dans le même temps, nous avons instauré la libération au copieur : nous avons ainsi évité les impressions orphelines et conservé une bonne sécurité des données imprimées.

L'impression recto verso noir et blanc est définie par défaut et représente maintenant les deux tiers des pages. Combinée à l'utilisation du mode diapo (plusieurs feuilles par page) et une utilisation plus rationnelle de la charte graphique, nous avons pu montrer une division par 10 du coût d'impression d'un document type.

Les prochaines étapes sont de mutualiser encore plus en utilisant un maximum notre centre de reproduction intégré, qui permet encore de diviser par 2 le coût de tirage. On a réussi à réduire d'au moins 25% le nombre de pages imprimées par agent et un tableau de bord environnemental, budgétaire et énergétique individuel combiné à de l'accompagnement individuel permettra d'aller encore plus loin.

Qu'est-ce qui a motivé ces actions ?

La principale raison était l'aspect financier : les imprimantes individuelles, par exemple, ne coûtent pas très cher à l'achat mais beaucoup plus à l'entretien. La seconde raison était l'aspect logistique : il était difficile de gérer les pièces détachées et consommables de 40 modèles différents. Il en allait de même pour l'assistance : 40% des appels à la DSI concernait les impressions.

 

Coalition numérique responsable : le programme d'accompagnement est lancé !

Jeudi 7 janvier dernier a eu lieu la réunion d’information sur le programme d’accompagnement au numérique responsable, dont on vous a parlé dans les précédentes newsletters. Les 70 participants l’ont reçu avec beaucoup d’intérêt et 16 entreprises et administrations s’y sont déjà inscrites.

Ce programme, dont les formations commenceront finalement le mois prochain du fait des conditions sanitaires, dispose encore de quelques places, n’hésitez pas !

Tous les détails et contacts sur la page dédiée.

 

Challenge collaborateur

Chaque mois, encouragez vos collaborateurs et collègues à faire un geste numérique responsable. Ce mois-ci :

Organisez un concours sur une semaine : une équipe par imprimante, celle qui réduit le plus ses impressions par rapport à d'habitude gagne !