Newsletter #22 - octobre 2022 - Numérique et économies d'énergie

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Actualités

Planification écologique : premier rendez-vous du Comité national du numérique responsable

Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, et Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications, ont annoncé le lancement le 14 novembre prochain du Comité national du numérique responsable. Chapeauté par les deux ministères, ce comité devrait rassembler deux fois par an divers acteurs, notamment des entreprises du reconditionnement. Son objectif est de mesurer les impacts du numérique et de trouver des solutions pour les réduire dans le cadre de la planification écologique lancée par le gouvernement. (Contexte)

 

Cette année, les humains vont se débarrasser d'un tiers des téléphones en circulation

Jetés ou, plus souvent, mis au placard, voilà le destin en 2022 de 5,3 milliards de téléphones parmi les 16 milliards en circulation dans le monde. C'est le résultat d'une étude du Forum international des déchets d'équipements électriques et électroniques (WEEE). Empilés, ces smartphones représenteraient une tour 120 fois plus haute que la station spatiale internationale, soit un huitième de la distance Terre-Lune. Ils sont une petite portion des 45 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques (DEEE) annuels, qui représentent autant de métal et d'éléments chimiques mal collectés donc mal recyclés. (Le Figaro)

Atelier Numérique Responsable pour les collectivités normandes

L'ADEME Normandie invite les collectivités de la région impliquées dans une démarche NR à participer à un atelier le 15 novembre prochain, de 9h à 12h, en visio. Au programme, un tour des actualités NR et des retours d'expériences : réduction de l'impact environnemental des sites web, l'audit de labellisation NR, application de la démarche dans un projet Smart Building. Inscription par mail : eddy.poitrat@ademe.fr

Salon des Solutions Durables : sobriété énergétique et Fresque du Numérique au menu

Organisé en ouverture de la nouvelle édition de Rouen Capitale du Monde d'Après, le Salon des Solutions Durables a eu lieu le 6 octobre dernier.

Ce fut l'occasion de découvrir nombre de solutions proposées par les exposants selon différentes thématiques : rénovation du bâti, énergies renouvelables, biodiversité, numérique responsable, mobilité et économie circulaire.

On a pu observer l'écosystème dynamique qui prend forme sur le territoire, entre les nouveaux venus de Voyants Vert (transformation digitale durable), Reboot Ecosystème (réemploi de matériel informatique) ou Webvert aux côtés d'acteurs déjà installés tels que Webaxys ou Mon Site Vert.

16 personnes ont pu participer à la Fresque du Numérique et 7 organisations du territoire ont signé la charte de l'Institut du Numérique Responsable pour s'engager vers un digital moins impactant.

Grâce à Benoît Lebot de l'association négaWatt, les acteurs économiques et collectivités visitant le salon ont compris comment prioriser la sobriété pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serreLa démarche proposée depuis plus de 20 ans par cette association indépendante se décompose en trois étapes : prioriser les besoins énergétiques essentiels, utiliser efficacement l'énergie dans ces domaines prioritaires et, enfin, produire l'énergie de manière renouvelable.

La seconde promotion du programme d'accompagnement de la coalition numérique responsable a été annoncée et les inscriptions sont ouvertes ! Postulez par mail à doralie.besnard@metropole-rouen-normandie.fr

Sobriété et économies d'énergie dans le numérique

Nous sommes dans une situation tendue de la production d'électricité nucléaire, à laquelle s'ajoute un manque de précipitations pour les barrages hydroélectriques et les tensions sur les énergies fossiles provenant de Russie. Le numérique, qui représente 12% de la consommation en France, est particulièrement dépendant de l'électricité. Les réseaux mobiles et fixes seraient touchés (banquedesterritoires.fr et nicematin.com).

Face à l'hiver qui arrive, que pouvons-nous donc éteindre ? Comment la sobriété numérique peut contribuer à une réduction de 10% de la consommation d'énergie ?

Économiser l'énergie

L'association négaWatt, spécialiste des scénarios de sobriété et de transition énergétique à l'échelle de la France, a publié fin septembre une liste de propositions chiffrées. Parmi elles, l'arrêt des répartiteurs informatiques pendant les périodes d'inoccupation et l'arrêt de la climatisation de leurs locaux. Les copieurs peuvent être mis en veille automatiquement et arrêtés le soir, le week-end et aux fermetures pour réduire de près de 40% leur consommation. Les affichages numériques peuvent être éteints aux mêmes périodes et réduits le reste du temps.

L'Université de Rouen, par exemple, a augmenté la température de consigne de la climatisation de sa salle de serveurs, en la fixant à 27° comme le recommande négaWatt, et a mis en place une extinction automatique de ses bornes wifi à certains horaires.

Les 50 mesures présentées par négaWatt montrent que l'objectif de 10% de réduction de la consommation d'énergie est pleinement atteignable à court terme et permettent même d'aller plus loin. Au-delà du court terme, ces actions sont à articuler avec les mesures de moyen et long terme, notamment dans des secteurs comme les transports et l'industrie. L'Université de Rouen prépare d'ailleurs son deuxième cycle de politique développement durable pour ses différents campus.

Enfin, même si la contribution des actions numérique responsable dans la réduction des factures énergétiques peut être modeste, selon son domaine d'activité, elles ont une forte valeur symbolique avec un effet d'entraînement.

Plan sobriété énergétique d'Etat : vos box internet seront-elles vraiment coupées à distance par les opérateurs cet hiver ? (ariase.com)

Anticiper les potentielles coupures

Le gestionnaire du réseau électrique français RTE a publié en septembre, comme chaque année, ses perspectives pour le système électrique pour l'automne et l'hiver à venir : pour le scénario intermédiaire, « durant l’essentiel de la période concernée, l’équilibre entre l’offre et la demande n’est pas menacé, et le système électrique fonctionnera normalement ». Cependant, vue la situation inédite, RTE analyse également d'autres scénarios : hiver rigoureux, nouvelles difficultés dans la maintenance des centrales nucléaires ou éventuelles tensions sur le gaz et le marché européen de l'électricité.

Selon les scénarios, le gestionnaire pourrait avoir recours à différents leviers pour éviter le black-out, incontrôlé, parmi lesquels le délestage, une coupure transitoire sur une zone géographique limitée, à tour de rôle, d'une durée typique de 2h. RTE note aussi que la sobriété pourrait dès cet hiver très largement réduire la fréquence et la profondeur du recours à ce levier. Dit autrement, et plus généralement : face à une ressource limitée, on peut choisir la sobriété ou subir la pénurie.

En premier lieu, vous pouvez vous inscrire aux alertes Ecowatt. Ce service, proposé par RTE, vous donne une météo de l'électricité et vous prévient d'une possible coupure le lendemain. La plateforme donne par ailleurs quelques conseils : économiser l'électricité spécialement aux créneaux 8h-13h et 18h-20h, couper les affichages non essentiels (écrans, publicités...), éteindre un maximum d'appareils en fin de journée...

Même si les risques de délestage sont limités, chaque organisation peut se poser la question de la continuité de ses services :

  • comment se passerait votre activité avec une coupure d’électricité pendant deux heures ?
  • pouvez-vous réaliser les opérations courantes avec vos clients ou bénéficiaires sans électricité ? Un retour temporaire aux formalités papier est-il possible ?
  • comment vos collègues ou collaborateurs pourraient communiquer le temps de la coupure ?
  • comment se préparer à travailler sans électricité (ou sans réseau, pour les appareils équipés de batteries) en étant prévenu(e) la veille ?

On peut chercher les activités qui pourraient être réalisées pendant ces périodes (lecture de rapport, réunion présentiel, etc).

La clé, on le voit, est de disposer des éléments (fichiers téléchargés hors ligne, imprimés, etc) nécessaires à cette période de coupure d’électricité.

En souhaitant bien sûr qu'on n'en arrive pas là, vous avez maintenant beaucoup d'éléments en main pour réduire la consommation électrique de votre numérique et anticiper au mieux une coupure !